Beijing, août 2008. Qui pouvait imaginer que la plus grande prise d'otages de tous les temps surviendrait en Chine, pendant les Jeux olympiques ?
Pour Adrien Laurent, ancien du service action de la DGSE, la mission semblait sans risques : assurer la sécurité d'une industrielle de l'armement venue prospecter un marché chinois sous embargo. Tout était parfaitement huilé pour une visite paisible qui permettrait à Adrien d'améliorer ses finances après un divorce ruineux. Mais le jour de la cérémonie d'ouverture, un drone explose en pleine tribune présidentielle. Qui est mort ? Qui est blessé ? C'est la panique. Des dizaines de milliers d'Occidentaux sont sous contrôle de l'armée. Désormais, plus personne ne peut quitter la ville olympique. Toutes les chancelleries sont en alerte, mais face à un pouvoir chinois divisé, elles n'ont que peu d'atouts dans leur jeu.
Attentats, complots, doubles jeux... Thriller implacable et palpitant, Jeux de Chine imagine avec une troublante vraisemblance l'une des plus grandes catastrophes géopolitiques possibles aujourd'hui, tout en offrant un regard inédit sur la Chine.
Daniel Hervouët est contrôleur général des armées au ministère de la Défense, professeur associé à l'université Panthéon-Assas, ancien officier des forces spéciales et officier traitant dans une structure militaire de renseignement. Avec Jeux de Chine, en cours de traduction dans plusieurs pays, il devient l'une des figures de proue d'un roman d'espionnage français de stature internationale.
Extrait du livre :
Province de Heilongjiang, république populaire de Chine, mars 2008.
Le vent glacé venant du désert de Gobi s'engouffrait dans les rues désertes pour balayer par saccades la fine couche de poussière qui recouvrait le sol. Les bâtisses sans style, qui avaient brièvement incarné le volontarisme socialiste, étaient revenues à leur triste réalité : des blocs de béton déshumanisés qui abritaient la détresse d'ouvriers exploités. Les coupures régulières d'électricité autant que le tarif du kilowattheure dissuadaient quiconque de veiller. Si bien qu'à deux heures du matin, l'obscurité était quasi totale.
Seul le bruit du vent dans les tôles disjointes des vastes hangars de la zone industrielle rompait le silence de mort qui enveloppait la ville.
Le lieutenant Tian regarda sa montre. Il était dans les temps. D'un geste, il appela son adjoint qui le rejoignit dans la zone d'ombre d'un bâtiment de brique. Pendant que le sous-officier trottinait pour le rejoindre, le fusil d'assaut à la main, prêt à l'emploi, le jeune chef s'accroupit et sortit un plan de sa parka. Les hommes de son unité s'étaient postés contre les façades, dans les moindres anfractuosités pour se dissimuler aux regards. Le camouflage des tenues, adapté aux paysages urbains, faisait le reste.
- À vos ordres, fit le sous-officier à voix basse tout en posant un genou au sol.
Le lieutenant leva le nez de son plan, le doigt sur un point qu'il avait repéré. Sa lampe tamisée par un filtre bleu dispensait un éclairage invisible à quelques mètres. La cagoule noire, passée sous le casque recouvert d'une toile camouflage, dissimulait son visage tandis, que l'éphémère brouillard de son haleine, aussitôt chassé par le vent, voilait sa bouche par intermittence.
- Nous sommes arrivés au point Alpha, affirma-t-il en montrant le point sur sa carte. Dis au radio de rendre compte au P.C. Je pars avec la première section rejoindre notre objectif. Tu nous suis à une minute avec la seconde section. Arrivé là-bas, je place les snipers dans les bâtiments au sud de l'objectif. Dès que c'est fait, tu prends ma place. Tu assureras le commandement des appuis-feu pendant que je conduirai l'assaut.
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